mardi 3 novembre 2009

Fracture


Beaucoup de choses s'effondrent, silencieuses

Un vide m'envahit, bref, douloureux,

Il suffit de quelques paroles, silencieuses

De quelques instants, brefs, douloureux.


Dix minutes, quatre vers, harmonieux

Les secondes s'enchaînent, laborieuses

Mes rêves m'enchaînent, harmonieux

Et je reste là, las de cette absence, laborieuse.


Tous les doutes se suivent, se ressemblent

Et mes peurs me poursuivent, s'assemblent.


Tu parlais de rêves, d'espoirs, fou furieux

Étalais tes vers au soir, malheureux,

Tu parlais de liens, de voiles, fou furieux

Et te voilà de pierre au mur, malheureux.


Tu voulais libérer cette folie, furieuse

Espérais fuir cet enfer, de feu

Tu voulais jumeler cette folie, furieuse

Retrouver l'amour ce sentiment, de feu.


|V|

samedi 22 août 2009

Bords des quais



Au terme d'un soir je t'ai assuré
Qu'en poème je te dessinerai
Bordeaux, la beauté de ses quais
La nuit même je te l'écrivais.

À tes yeux je voudrais dévoiler
Les bordures aux mille passants,
Dans tes yeux je voudrais refléter
La Garonne et ses fanaux dansants.

Près d'un pont aux airs millénaires
Deux amants se parlent d'amour
À l'abri d'un arbre séculaire
Deux guitares s'animent tour à tour.

Là, une fillette criarde
Qu'une mère voudrait oublier,
Ici, deux vielles bavardes
Qui parlent d'anciennes années.

On voit de splendides jardins
Aux couleurs sombres et changeantes,
On entend le même refrain
Des grillons aux voix entrainantes.

Dans cette ballade tout est magique
Chaque regard, chaque parole
Imagine je t'en prie l'instant unique
Que de regards, plus de paroles.

Tiens! maintenant le miroir d'eau
Plein de gamins qui vont nu pied
Je maudis alors leurs soubresauts
Car j'ai trop brièvement vu ton reflet.

Au terme d'un soir je t'ai assuré
Que ce poème oui, tu l'aimerais
Peut-être alors m'étais-je trompé
Mais insouciant je l'écrivais.

|V|

Délit


Une gourmande pluie lors d'un jour d'été,
Un sourire roulant au détour d'un marché.
C'est un jeu de regards, le vol d'un instant,
Le jeu de fuyards au matin somnolant.

Un soupir complice en longeant l'étalage
Implicite romance de ce bref langage,
Je comprend le délit en fouillant mon esprit
Le cœur quant à lui souffle un démenti.

Quel autre criminel ainsi tourmenté?
Hurlant à la mort une terreur chantée
Hurlant à l'amour un refrain suppliant
Quel autre infidèle à son rêve d'enfant?

Infidèle au choix de ne pas oublier
Criminel qui choit d'un songe éveillé.
Excuse moi Ô mon cœur d'avoir trahi,
Pardonne moi jamais, pour notre infini.

|V|

Dualité


Longue nuit rêveuse du jour
Qui scintille à l'éveil des lueurs,
Longue nuit faiseuse de jour
D'une Lune gardienne sans peur.

Taquine au milieu des nuages
Dont les ailes fantômes s'étirent,
Taquine du dieu sans ombrages
Astre couchant du soir, martyr.

Somnolente dans l'éternité
Tu te penches sous le voile
De madame l'Obscurité
Savoure le chant des cigales.

Sur l'autre face maitre et père
Le rouge se mêle à l'éveil,
L'une et l'un cent contraires
Dans une dualité de merveilles.

|V|

mercredi 29 juillet 2009

Vers la vérité

Plus tu t'approches de la vérité,
Plus tu brules tes ailes de liberté
Car enfin n'est-ce pas cela, la vérité
Avoir toujours un prix à payer?

|V|

mercredi 15 juillet 2009

Breve



Touche donc mon cœur
Et sent battre l'ardeur.

Rougis, ris sans raison
Ronger par ce frisson

Sous ta main ce soupir
Sous ta main l'avenir

En l'amour je ne crois plus
Plus un seul battement
Mais ais-je donc déjà cru
En ce songe larmoyant?

Sous ta main ce soupir
Maintenant sans avenir

Rongé par ce frisson
Et meurtris sans raison.

Panse donc mon cœur
Et comprends ma terreur.

|V|

dimanche 7 juin 2009

J'écris...

J'écris parce que je vis
Un jour dans le couchant
D'un soleil rayonnant
L'amour qui me quittait
D'un pas bien décidé,
J'écris parce que je vie.

|V|

Feu cet espoir


Tandis que j'ouvre les yeux
Sur un vide hivernal
Je contemple capricieux
Mon démon infernal.

Dans les teintes glaciales
D'une Bora audacieuse,
Sous l'aurore boréale
D'une toundra peu gracieuse

Enchainé sur la glace
De mon monde figé,
Je regarde les traces
De souffrances alternées.

Dans les ténèbres du vent
La silhouette déchirée,
Sous mon regard somnolent
D'une froideur oubliée.

Une peur dans mes yeux,
Une gelée dans mon cœur,
Un moment, par les dieux!
De pitié, de bonheur.

Dans ma main cet instant
D'un espoir revêche,
Mon désir larmoyant
De ce feu, cette flammèche.

|V|

dimanche 19 avril 2009

Combat d'espoir




Joyau d'espoir
Au creux de ma main
Laisse moi croire
En un lendemain.

Je serre sur mon cœur
Ce pâle rubis noir
Qui prédit mon malheur
À la tombée du soir.

Dans une sombre forêt
Pleine d'un silence blanc,
Un monstre m'a cerné
Tout en m'affaiblissant.

J'entrevois ce combat sans espoir,
L'au-delà gagné d'avance.

La terreur m'envahit
Alors que je recule,
À présent l'ignominie
Dans l'inconnu m'accule.

Mais je me bat sans relâche
Enlaçant ma perle carmin,
C'est une peur qu'elle m'arrache
Une fois sortie de son écrin.

Un sourire au coin des lèvres,
La bête détourne ma vigilance
Elle me ronge sans trêve
Anéantis toutes mes défiances.

J'aperçois la fin de cette lutte sans espoir,
Sous l'étoile de la malchance.

L'échine courbée, je sens dans ma bouche
L'âpre saveur d'un filé de sang
La tête baissée, l'air farouche,
Je sens une larme perler lentement.

Est-ce ma mort qu'il provoquera
Dans ce monde qu'il assombri?,
Est-ce sa mort qu'il amènera
Lorsqu'il m'ôtera la vie?

Je lève les yeux sur de simples murs blancs,
Son ultime assaut m'arrache un hoquet
Je ferme les yeux sur ce réel si tranchant,
Et lâche le zéphyr de ma vie déchirée.

Voici la fin de mon duel sans espoir,
Infinie bataille contre cet invisible,
Horizon funèbre au sein de mon mouroir.

|V|

Poème proposé au concours du forum des Songes du crépuscule. Thème: Combat sans espoir.

Image Naturelle



À la fin du printemps, le début d'une vie,
Au sein d'une branche une perle grandit,
Attendrie par la douce affection du soleil,
S'étirant vers le ciel aux couleurs vermeille.
À la mort du printemps, éclosion d'un bourgeon,
Qui fébrilement au glas de cette saison,
S'amuse des mimiques du soleil aimant,
Dérobé aux rameaux de l'arbre bienveillant.

Au début de l'été, la jeunesse d'une vie,
L'enfant de nature qui gentiment sourit,
D'être épaulée par sa mère de verdure,
De grandir sous le ciel aux teintes azur.
Aux chaleurs de l'été une feuille d'érable,
Continue de pousser dans son monde agréable,
Qu'un brasier suffoquant se décide à troubler,
Recouvrant de larmes cette terre embrasée.

Aux jonctions des saisons la moitié d'une vie,
Qui privée de raison choisit l'ivresse et l'oubli,
S'abîmant de plaisir, de joies sans espoirs,
Le baiser d'une ondée, la froideur du soir.
Au milieu des saisons, gaîté d'une feuille,
Qui bien qu'incomprise ignore les écueils,
Leurrant l'autorité qui jadis la guidait,
Les vielles harangues d'un père ensoleillé.

Au matin de l'automne, l'envol d'une vie,
Dans le souffle du vent notre feuille a fini,
Par quitter son foyer sans aucune rancoeur,
Nimbant de quelques pleurs l'arbre qui se meurt.
Au déclin de l'automne, prélude à l'ennui,
L'existence monotone d'un être qui vieillit,
Essuyant les dangers d'une vie de bohème,
Inondée par la brise d'un passé bien blême.

Au début de l'hiver, la fin d'une vie,
Une feuille d'érable qui, tristement ternie,
S'allonge péniblement sur un torrent glacial,
Et observe derrière elle son parcours fatal.
À la fin de l'hiver, le début d'un trépas,
La mort d'une feuille qui, flétrie par le froid,
S'assoupit paisiblement auprès de ses soeurs,
Feuilles de tout horizon, et de toutes couleurs.
|V|

Poème proposé au concours des "quatre points cardinaux". (concours national, lycée )

dimanche 1 mars 2009

Ciel étoilé


La nuit tombante je m'allonge sur le sable,
J'écoute le silence qui me souffle à l'oreille:
"Observe ce ciel et ses milles et une merveilles,
Ses secrets, son passé qui écrivent une fable:

C'est une poussière argentée dans un ciel d'ébène,
Qui vole au grès du vent, effleurant les étoiles.
Ce sont des lueurs qui se confondent en un voile,
Regarde donc ces étincelles si frêles et si sereines."

La clarté laisse place à des ténèbres scintillantes.
Il y a ces nuances bleutées d'un horizon sans fin,
Beautés dégradées d'un tableau éteint,
Le jour à laissé sa place à une nuit étincelante.

La nuit tombée j'admire les cieux,
J'écoute en silence le vent qui me murmure:
"Regarde donc ces merveilles si pures,
Ces contemplations offertes à tes yeux.

C'est un magnifique quasiment oublié,
Au milieu de tes joies immatérielles.
C'est un magnifique de splendeurs réelles.
Que cache le malheur de vos villes illuminées."

Une panne laisse place à un noir inespéré,
Le ciel et ses étoiles apparaissent alors,
Plongeant le monde dans un instant d'or.
Allez, lève la tête et regarde avec moi ce ciel étoilé.

|V|

samedi 28 février 2009

Rouge




Rouge, la couleur du ciel au lever du soleil,
Quand l'aube illumine l'azur de ses yeux,
Les ravivant alors d'un millier de feux,
Quand elle teint la rive d'une couleur de miel,
Assis sur le sable je croise enfin son regard.
Il me cherche furtivement tout en m'évitant,
Deux petits yeux hagards et un peu trop fuyards.
Alors ses joues se peignent d'une couleur de sang.

Rouge, la couleur de ses lèvres qui effleurent les miennes,
Déposant sur ma bouche la douceur de l'amour.
Esquissant un sourire au milieu de ce jour,
Déposant dans mon coeur les feux qui la tiennent.
Deux petites lèvres qui au bord de la grêve,
M'arrachent le baiser d'une rupture bien brève.

Rouge, la couleur de la colère qui nous monte à la tête,
Sentiments divergents lors d'un simple rencart.
Paroles ambigües qui agrandissent l'écart,
Ternissant la vie qu'à présent je rejette.

Rouge, la couleur qui découle lentement de ma vie,
Offrant aux douze coups de minuit ce sang qui jaillit.

V