
À la fin du printemps, le début d'une vie,
Au sein d'une branche une perle grandit,
Attendrie par la douce affection du soleil,
S'étirant vers le ciel aux couleurs vermeille.
À la mort du printemps, éclosion d'un bourgeon,
Qui fébrilement au glas de cette saison,
S'amuse des mimiques du soleil aimant,
Dérobé aux rameaux de l'arbre bienveillant.
Au début de l'été, la jeunesse d'une vie,
L'enfant de nature qui gentiment sourit,
D'être épaulée par sa mère de verdure,
De grandir sous le ciel aux teintes azur.
Aux chaleurs de l'été une feuille d'érable,
Continue de pousser dans son monde agréable,
Qu'un brasier suffoquant se décide à troubler,
Recouvrant de larmes cette terre embrasée.
Aux jonctions des saisons la moitié d'une vie,
Qui privée de raison choisit l'ivresse et l'oubli,
S'abîmant de plaisir, de joies sans espoirs,
Le baiser d'une ondée, la froideur du soir.
Au milieu des saisons, gaîté d'une feuille,
Qui bien qu'incomprise ignore les écueils,
Leurrant l'autorité qui jadis la guidait,
Les vielles harangues d'un père ensoleillé.
Au matin de l'automne, l'envol d'une vie,
Dans le souffle du vent notre feuille a fini,
Par quitter son foyer sans aucune rancoeur,
Nimbant de quelques pleurs l'arbre qui se meurt.
Au déclin de l'automne, prélude à l'ennui,
L'existence monotone d'un être qui vieillit,
Essuyant les dangers d'une vie de bohème,
Inondée par la brise d'un passé bien blême.
Au début de l'hiver, la fin d'une vie,
Une feuille d'érable qui, tristement ternie,
S'allonge péniblement sur un torrent glacial,
Et observe derrière elle son parcours fatal.
À la fin de l'hiver, le début d'un trépas,
La mort d'une feuille qui, flétrie par le froid,
S'assoupit paisiblement auprès de ses soeurs,
Feuilles de tout horizon, et de toutes couleurs.