vendredi 25 avril 2008

Voile des échos


Un écho me parvient de la montagne. J'écoute, et je peux alors entendre le hurlement d'un loup. Son cri se répercute sur chacun de ces monts et j'ai l'impression que c'est une meute entière qui est en train de se parler. Les échos se stoppent et le silence revient s'imposer dans cet univers naturel où encore aucun homme n'est venu imposer son trouble. La vie ici, s'extasie de la non présence de cet être, et profite du temps qui lui est impartit, du temps pendant lequel cet être n'a pas encore pensé à venir proliférer dans ce petit paradis.

Malgrès la fraicheur de cette matinée automnale, l'air est lourd. Il est lourd de tous les pleurs du monde, et ses larmes se matérialisent ici par ce voile blanc et nacré. Ce voile s'étalent sur plusieurs lieues et sur plusieurs hauteurs. Lorsque l'on y regarde bien, on a l'impression qu'il forme un dôme sur cet endroit merveilleux. On pourrait apparenter ce dôme à une sorte de bouclier, et alors on peut imaginer la nature qui essaye de se défendre d'elle même. Mais cette brume semble animée. On ne sait comment, on ne sait pourquoi mais elle parait vivante. Cet être englobe tout, et cache un tout à tous.

Ces pleurs brumeux cachent un petit monde splendide. Un petit monde d'où naissent tous les échos. Un petit monde où tous se terminent. Si l'on ose s'y aventurer on est sûr de s'y égarer. Non pas parce qu'on ne retrouve plus notre chemin, mais uniquement parce que cet endroit ne nous est pas familier. Ces arbres immenses, qui ont poussés de leur seule force et par leur unique volonté nous apparaissent comme hirsute et désordonné par rapport à ces mastodontes taillés que l'on voit tous les jours. Puis, au pied de cet arbre, on remarque un amas de feuilles qui forme un tapis orné de toutes les teintes chaudes possibles: du rouge, du orange, du jaune. Et, si l'on daigne s'arrêter quelque peu sur cette unique beauté, on en découvre une autre: la flore que nous ignorions volontairement jusqu'ici. On s'égare à admirer cet endroit inconnu, attirant de par son âme sauvage.

On voit alors, dans une absolue paresse, un écureuil qui se fond dans ce décor. Il est là est renifle les feuilles, en quête d'une quelconque nourriture qu'il pourrait alors s'empresser d'aller dissimuler dans le trou que nous n'avions jusqu'alors pas remarqué dans l'arbre hirsute. Son poil roux luit à la lumière des faibles rayons de soleil qui arrivent à traverser le feuillage touffu de la forêt. Ses petits yeux noirs furètent de tout coté. Soudain, il se fige, effrayé. Il ne bouge plus, et écoute patiemment pour voir si ce qu'il vient de pressentir est juste ou infondée.

Hélas, il court se terrer dans son nid de bois: son pressentit était juste. On entend un nouvel écho, mais un écho inhabituel dans ce décor de nature. Cet écho n'est ni fait de vie animal, ni fait de vie végétal. Bien au contraire, c'est un écho de mort végétal que l'on entend. Une machine a, non loin de là, mis à sac des arbres qui reposaient ici en paix depuis des décennies. A cet écho viennent s'en ajouter d'autres, des écho de terreur, de hululements, de cris, de peur. D'après ce que l'on arrive à percevoir, un chantier innommable vient troubler cet endroit angélique. Seulement, la nature est vivante... Il commence soudainement à pleuvoir, alors que quelques minutes auparavant seuls quelques petits nuages étaient visibles. C'est à présent un torrent d'averses qui s'abat sur ces montagnes et le tonnerre vient alors accompagner cette douce symphonie de ses percussions électriques.

La nature c'est révoltée d'elle même dans ce petit coin, et le chantier ne produit plus aucun son, il s'est vu étouffé par cet être d'eau et de feu. Il s'est vu chasser et agresser par cet être mécontent et imposant. Ici, la faune, la flore peuvent vivre en paix, et semble protéger par cet être gardien qui ne désire pas de changements. Il a chassé, chasse et chassera les intrus qui voudront bouleverser l'équilibre naturel de ce petit monde. Seulement, à long terme, cela sera le cas pour le monde entier: ces êtres de nature se révolteront et reprendront le dessus.

|V|

lundi 21 avril 2008

Brume

Une brume d'incertitude à envahi mon cœur,
Seul je me dois de l'affronter
Pour ne pas sombrer face à mes peurs,
Pour ne pas dépérir à force d'espérer.

Tellement imposante qu'elle voile tout mes choix,
Tellement croissante qu'elle guide tous mes pas.
Je ne sais plus alors vers quel choix mèneront mes pas,
Je ne sais plus alors quels seront les chemins qui s'offriront à moi.

Mon cœur vacille dans ces ténèbres blanches,
Il ne sait quoi approuver dans ces espérances trop franches,
Et moi je n'arrive plus à l'écouter se lamenter,
Cela me semble durer depuis une éternité.

Mon esprit s'égare dans ces longues hésitations,
Et cherche par tous les moyens à ramener mon âme à la raison,
Mais celle-ci s'entête à ployer face à mon cœur,
M'entrainant dans cette spirale de terreur.

Brume d'hésitation, Brume trop épaisse,
Elle m'empêche d'arrêter le choix de mon amour.
Brume d'espoir, Brume de rudesse,
Elle me fait moi et mon cœur devenir sourd.

|V|

18 Aout 2007

Cher journal,

A nouveau je me décide à prendre la plume, il faut dire que les deux jours passés n'ont pas été de tout repos. J'ai souvenir de m'être arrêté lorsqu'il arrivait, et je pense ne pas avoir fait le mauvais choix. Lorsqu'il m'est apparu, j'ai cru que tout son monde s'était effondré, il semblait dans une fureur noire. Stoïque, je ne lui ai alors pas posé de questions, une fois de plus. Mais c'est lui qui est venue vers moi, on aurait dis que j'avais à nouveau commis une erreur. Bravant ses propres principes, il m'a posé des questions sur mon passé, et sur mes fréquentations. Indécis, je ne pu que lui répondre que ces dernières ne se compter que sur les doigts de la main. Ma réflexion le statufia pendant plusieurs minutes, qui me parurent durer une éternité. Son état m'alarmait, je ne l'avais encore jamais vu comme ça.

Puis, il s'était emparé rapidement de ma main droite. Il s'était alors mit à l'examiner sous toute les coutures, je crus même un instant qu'il essayait de la sentir. Puis il la reposa sur mon genoux. J'étais complètement perdu, et je ne comprenais rien de ce qui se passé. Il me gratifia alors d'un sourire des plus éclatant, faisant scintiller sa magnifique dentition, et se rependit en excuses pour sa façon d'agir. Je lui avais alors répondu uniquement que je ne comprenais pas, et il me rétorqua que tout cela n'avait plus d'importance, et qu'il valait mieux laisser le passé au passé. Je perçu cependant lorsqu'il passa près de moi, une odeur qui me paru affreusement familière, et je fus une nouvelle fois frappé par des images de mon passé révolu. Blonde. . .elle était blonde. . .Son odeur emplit pleinement mes narines. . . Je me souvint alors de ses yeux bleu, d'un bleu comme il n'en existe nulle part ailleurs et qui reste à tout jamais graver dans votre mémoire. Un éclair dans lequel je l'étreignais me frappa, puis voyant mon état de transe, il m'avait frappé à l'arrière de la tête en me demandant de faire attention.

A par cet étrange évènement, ces deux jours furent dépourvus d'un moindre sens d'activité, l'ennuie m'accablait. A cause de cet épisode, j'avais décidé d'attendre quelque peu avant de lui en parler. J'étais alors flâner dans Sa bibliothèque comme j'avais envisagé de le faire. Je vais tenter de la décrire quelque peu ici, tellement je la trouve splendide et harmonieuse. On peut y voir, en son centre, une longue table d'un bois magnifiquement sculpté. Sur cette table, repose des ouvrages ouvert et marquer d'un morceau de tissu filigraner en or. En y entrant, je croyais avoir été transporté de nombreuses années dans le passé, et cette vu quasi moyenâgeuse comblât tout mon être. La lumière entre dans la grande pièce par de grande fenêtre pourvues de rideau d'un blanc crème sur lesquels des motifs avaient été tissés. Il s'agit d'anges armés d'épées, qui se battent contre d'autres anges, aux ailes noires et plus grandes que celles des premiers. J'avais perçu dans cette image un étrange reflet de la réalité, et me demandais ce que les premiers anges représentaient, connaissant la signification des seconds. Au dessous de chaque fenêtre de la salle sont installés de grands fauteuils de velours bleu, j'en ai compté quatre. Contre les murs, je vis les plus beaux meubles du monde, la façon dont le bois avait été taillé me paraissait angélique. Et ce mot me parut un grand euphémisme lorsque je vit les ouvrages que les étagères comptaient. Ils étaient d'un autre temps, tout simplement, vieux, anciens. Je ne saurais décrire à la perfection la splendeur de la pièce, trop peu de mots existent pour en faire l'éloge.

Il était alors venu me tenir quelque peu compagnie. Nous avons discuté de choses et d'autre, et il évita autant que possible toutes mes questions quant à l'origine de tous ces manuscrits. Il stoppa net la dernière en me disant que nous devions sortir le soir même. Je ne fus pas surpris de cette "sortie", bien au contraire, elle m'accommodait fort bien. ( Le texte devient alors à peine lisible a partir de cette ligne, et seules quelques brides sont déchiffrables. ). . .avons. . . . . . .tués. . . . . . . .quelle joie de pouvoir enfin le ref. . . . . . . . . . . . . . .tellement assoi. . . . . . . . . . . . . . . .tout simplement succulentes. . . . . . . . . .criaient à s'en déchirer les poumons. .ang s'écoulait lentement . . . . . . . .ourus quand nous avons du rentrer.

( Le texte redevient alors tout à fait lisible )

Puis hier, je me suis longuement reposé. J'ai laissé mon esprit se balader avec les bruits de la nature que je percevais de dehors. Le bruit des feuilles qui se caressaient, le vent qui chantait doucement. La journée fut extrêmement calme, tout comme la nuit qui la suivis.
Je repose donc la plume à partir d'ici, je n'ai pour le moment plus grand chose à ajouter, si ce n'est que le ciel est voilé et que de sombres éclaircies sont visibles. Cela me donne envie d'aller me promener. Je pense qu'Il m'y autorisera.

René Sens

dimanche 20 avril 2008

15 Aout 2007

( Il est impératif d'avoir lu le prélude de René sens pour espérer comprendre le journal de ce dernier. Les énigmes ne serraient qu'encore plus confuse en cas de non-lecture de se prélude. |V|)



Cher journal,

Aujourd'hui la chaleur est suffocante dehors, je n'ose pas sortir, d'autant plus que la vue de cet ennemi flamboyant fait frissonner tout mon être. Je me vois donc contraint à rester ici et à occuper mon esprit d'une manière ou d'une autre. Je pense qu'à longs termes, l'ennuie deviendra problématique si le temps ne daigne pas changer quelque peu. Lui est parti depuis deux jours, je ne sais où. Il m'a dis avoir un devoir à accomplir, quelque chose qu'il avait laisser trainer depuis trop longtemps. Je n'ai alors pas poser plus de questions étant donné que je sentais qu'elles le dérangeraient.

Ces deux jours m'ont paru extrêmement longs. Depuis La nuit, je dois dire que beaucoup de choses ont fatalement changer, et ces choses qui autrefois me paraissaient intéressantes, sont des plus abrutissantes à présent. Je ne sais pas pourquoi, mais la nouveauté me dégoute, et l'ancienneté m'attire, comme un aimant. J'ai eu alors l'idée d'apprendre le piano, la musique, quelque chose qui pourrait promptement m'occuper la tête dans mes grands moments de solitude. Je sais à présent que ce n'est pas le temps qui me manquera pour réussir la moindre chose dans cette branche artistique, espèront seulement que je trouverai quelqu'un capable de me l'apprendre sans me faire perdre mon sefl-controle. Je Lui en parlerai à son retour.

A présent je me trouve dans sa demeure. Il y habite seul, et pourtant on se demande comment il a fait pendant tout ce temps pour ne pas sentir la solitude l'envahir dans cet immense manoir. Quoique, seul? Peut être est-ce la raison qui l'a poussée à faire ce qu'il a fait... Dans tous les cas, cette battisse est une vraie relique, un véritable monument. Il n'a pas voulu m'en dire plus quant au passé de cet endroit. Cependant, je suis littéralement éblouit par le moindre recoin de chaque pièce, et j'envisage bien de me rendre à la bibliothèque, qui selon lui est l'une des plus belle, afin de me rendre compte moi même de la beauté de celle-ci.

Soudain, alors que ma plume étale une grosse tache d'encre sur le papier fin et somptueux, une nostalgie m'envahit. Jusqu'ici je m'étais juré de ne pas regarder en arrière, et ce, sur Ses conseils. De plus, je me souviens de la seule fois ou je l'ai fais, je n'ai pu accepter. J'ai alors du m'excuser ardemment pour les problèmes engendrés. L'espace d'un instant, je ne vis qu'une femme sur laquelle s'écoulait une fine couche de pluie dans mes pensés. Puis, plus rien, d'autre images venaient attaquer celle-ci, comme si elles désiraient les effacer. Je revis alors une fois de plus cette scène, sous la pluie, et se décor si rouge.

Un crissement de pneu, serait-ce lui qui revient? J'écoute. Oui, oui c'est bien lui, ce pas si calme et si apaisant, le frottement si doux de ses vêtements de soie, et son souffle inexistant. Je m'arrête donc ici pour le moment, et reprendrais la plume une autre fois. D'autant plus que j'entrevois de sombres nuages à des milles d'ici, la nuit promet d'être amusante.


René Sens

samedi 19 avril 2008

Pluie



Un martèlement sourd me parvient de la fenêtre,
Intrigué, je m'approche lentement de celle-ci,
Soudain, cette vision bouleverse mon être,
Le ciel est voilé par la pluie.

Cette dernière ressemble à des âmes,
Qui s'écrasent inexorablement contre le verre,
Qui suintent leur vitalité qui s'écoule alors vers la terre,
Qui chantent doucement avec la voix d'une dame.

Le monde semble enfermé dans leur belle musique,
La nature semble vibrer de leur doucereuse fraicheur,
Le monde parait enclin à la peur,
La nature me fait alors prendre le risque.

J'ouvre cette muraille de vitrage,
Et laisse ces guerriers d'eau m'attaquer le visage,
Sans pleurer, ces larmes ruissèlent sur ma joue,
Sans ciller je commence à y prendre goût.

Pluie de rêves , pluie d'espoir,
Magnifique image graver dans ma mémoire,
Pluie d'amour, pluie d'éternité,
Splendeur de ces sentiments préservés.

Le pluie tombe plus drue au dehors,
Plus personne ne traine dans les rues,
Plus personne ne s'attarde dans cette unique vue,
Triste de cette magnificence incomprise, je m'endors.

|V|

vendredi 18 avril 2008

Crépuscule



Je regarde au dehors, il me semble que la lumière faiblit, ou alors qu'elle augmente. Je ne saurais dire, mais la terre semble partagée entre deux mondes. Je suis alors surpris de voir le combat qui se déchaine sous mes yeux: d'obscures ténèbres semblent attaquer l'ensoleillement. La bataille fait rage, et c'est de la victoire que semble dépendre si la nuit embrassera le jour ou si le jour pourfendra la nuit.

Puis, soudain, sans mot dire, tout s'arrête et le temps me semble alors figer. Les ombres ne bougent plus, mais ne battent pas en retraite. Je contemple, j'admire. Est-ce le matin, ou bien le soir qui m'apparait ? Serais-je confronter à une bataille sans fin que seule l'éternité saurait départager ? Je ne sais plus, je m'égare. Je m'égare dans l'admiration de cette scène figée. On dirait qu'un maitre du temps veut la graver à jamais dans ma mémoire. Là un nuage immobile, partager en deux, sombres et à la fois lumineux, ici une fine goute de pluie qui semble s'être arrêtée pendant sa chute. Si un sablier avait exister, je puis affirmer que les grains de sable n'auraient su dans quel sens tomber, vers le haut, ou vers le bas. Mais, dans tout les cas l'irréalité s'ancrait devant mes yeux.

Une impression m'apparait, cette impression de déjà-vu que tout le monde à une fois ressenti. Seulement, à l'instant ou je me mis à réfléchir où et quand cela avait pu se produire, la scène se réanima, et le crépuscule avec. Il s'imposa de sa splendeur démesurée qui n'a d'égale que la rapidité de son apparition. Il me semble que le temps se déchaine dans cette plaine. On croirait qu'il désire rattraper tout ce que la pause lui a voler. Il cri, il court et le vent l'accompagne. Tout deux m'apparaissent alors tel un requiem assourdissant. Je ne sais plus ou je suis, qui je suis, tout m'appartiens: je tiens le temps dans ma main.


Le crépuscule m'interpelle alors, ce fantôme de déchéance passagère semble vouloir mon pouvoir. Il semble vouloir vivre un peu plus, et être admirer plus longuement. Il me dit que les gens ne s'intéresse que trop peu à sa beauté matinale, à sa splendeur automnial. O mon Dieu, mais il pleur! Il pleur ses ténèbres et renâcle ses prémices de luminosité. Il pleur sur la nuit, se mouche dans le jour. La pitié me prend, ce crépuscule me semble si malheureux dans sa non chalance temporel. Je tend alors la main, et offre au monde une éternité de sombre lumière, de chaleur toute fraiche, de journée sans débuts et sans fins.


|V|

mercredi 16 avril 2008

Ange

Il me semble entendre une myriade de chamades,
C'est tous simplement mon cœur qui s'extasie à sa vue.
Il chante comme le plus talentueux des bards,
Et la mélodie va de pair avec ce sourire si beau à ma vue.

Soudain, je suffoque par manque d'air,
J'ai oublié de respirer dans cette contemplation,
Celle-ci s'imprégne profondément dans ma chair,
Et j'aimerai pourvoir à jamais préserver cette sensation.

Je cligne des yeux. J'ai l'impression de m'éveiller d'un rêve,
D'un rêve dans lequel je ne ferai qu'un avec elle,
D'un rêve ou la jouissance serrait trop brève,
D'un rêve ou je ploierai pour tout tellement elle est belle.

Puis, je m'égare un peu trop dans ce rêve de bonheur,
J'aimerais qu'il devienne réalité,
Et qu'il puisse alors effacer le moindre de mes malheurs,
Me procurant cette joie pour l'éternité.

En mon cœur et ma tête, Ange déchu du paradis,
Tu ne l'es pas dans mon esprit et ma vie,
Et se sentiment d'amour temporel,
Pourrait bien alors devenir éternel.
|V|

|-René Sens-| (Prélude)

Le noir. A perte de vue, du noir, des ténèbres. Le monde semble englouti par ce fantôme de nuit. Je n'arrive pas à voir bien loin, ma lampe torche a un très grand mal à éclairer à plus d'un mètre à cause du brouillard que suinte la terre. Je souffle et l'air que j'expire m'apparaît comme cristallisé dans ce décor de fumée. J'avance quelque peu, en prenant soin de ne pas glisser sur les racines des arbres. La forêt est imposante dans cette atmosphère angoissante. L'air est humide et froid, habituel, pourrais-je dire, en Janvier dans cette petite bourgade de l'Ireland.

Qu'étais-je venu faire ici déjà ? Mon esprit s'égare quelques instants, je m'arrête, et contemple un hibou qui me fixe du haut de son perchoir d'épouvante. Une pulsion, je me rappelle que cette escapade n'était pas prévue, juste soudaine. J'entrevois alors dans ma tête une succession d'images, qui s'enchaînent tels des éclairs en pleine montagne. Je n'arrive pas à en discerner le moindre sens. Apeuré, je commence à grelotter, et tout devient effrayant. Le moindre bruit m'effraie, cette purée de pois qui semble me suivre depuis des lieues comme un spectre m'effraie, le froid, la nuit, le silence de la forêt. . . Je suis terrifié.


Je continue d'avancer un peu et soudain je trébuche sur une rocaille. En tombant, je m'érafle le bras droit. Sous le choc, ma tête tourne quelque peu, les images me reviennent brutalement... Un homme, aux yeux de lave et d'enfer... La nuit, comme à présent, à la seule différence que la pluie s'écoulait lentement sur les feuilles des arbres... De l'eau... Il y avait de l'eau, mais je ne comprends pas, les flaques deviennent alors rouges, les arbres virent au noir, et il me semble entendre quelqu'un crier et une autre personne pleurer... Et puis plus rien, les fragments de ma mémoire ont fini de s'enchaîner, seulement, était-ce bien ma mémoire ? Je ne me souviens pas avoir jamais vécu pareille scène... Tout s'embrouille dans ma tête et j'ai l'impression d'être totalement perdu... Que m'arrive-t-il ?Cela faisait déjà quelques temps qu'une tornade semblait prendre naissance dans mon esprit... Toujours ces visions, qui n'étaient pas les miennes. Ces visions qui m'effrayaient toujours, tellement réalistes.

Me rappelant que j'étais affalé par terre, je décide de me relever, le souffle court. Je me baisse pour ramasser ma lampe. Brusquement je tourne la tête, j'ai l'impression d'avoir entendu un bruit derrière moi. J'examine, rien, seulement la brume. Je sors un mouchoir et en profite pour essuyer mon bras sur lequel j'étais tombé, quelle plaie ! Moi qui suis gaucher, comment je vais faire, Lundi pour ma dissert' de français ? Mais attends, le bras gauche ? N'était-ce pas le droit ?

Sur cette dernière réflexion, tout semble tanguer autour de moi... J'ai l'impression que je tombe dans les pommes, mais c'est une odeur toute particulière et des plus agréables qui me transporte. Lui. C'est de lui qu'elle émane, de l'homme qui se tient en face de moi! Il semble animé d'un petit rire nerveux. Angélique, tout simplement ! On le dirait descendue du ciel. Ces yeux... qu'ils sont magnifiques ! Il luisent et semblent argentés, peut-être un effet produit par la lune.

Mon ressenti se révèle alors juste, et je commence à tomber dans les pommes. Je tombe, lentement et il me semble qu'il vient vers moi pour me rattraper. Tout devient noir, j'ai l'impression de sortir de mon corps, de ne plus le sentir. Une douleur et je sombre.
|V|



( Bien, le petit texte que vous venez de lire constitue une sorte de prélude à une nouvelle que j'entrevois, et qui se nommera donc "René Sens". Je n'en dis pas plus pour le moment. )

Destruction

Les gouttes de cette pluie fine s'étalent sur mon visage,
Telles la plus forte fraicheur de l'enfer,
Venant s'ajouter à mes larmes de rage,
Ainsi qu'à la douleur de cette terre.
Témoin de mes préceptes et de mes passions,
Elle fléchira sous l'influence de ces tensions.
Petit homme sur la Terre,
Grand destructeur de l'Univers,
Profanateur et usurpateur de sa vitalité,
Tu ne la mèneras que trop promptement à la fin de son éternité.
Meurtrier de ce monde regarde toi,
Et admire dans cette contemplation ces âmes en émois.

|V|

mardi 15 avril 2008

Naissance d'un rêve.

Mes doigts effleurent la clavier, je m'arrête quelques instants et me demande si mon choix de créer se recueil informatique de divers écrits est une bonne idée. Bah, et puis au diable la feignantise, cela me fera au moins écrire quelques lignes, quelques vers, quelques descriptions.

Certains trouvent mes textes tristes, dépourvus d'un moindre sens de beauté ou de gaité, je n'ai rien à y répliquer si ce n'est que j'écrirai la joie lorsque celle-ci arrivera à emplir mon cœur. Pour le moment, j'espère qu'au cours du temps, il vous sera possible de noter un net changement quant à la noirceur de ce que j'écrirai, qui espérons-le, tendra vers une autre forme moins empreinte à une vision noire des choses.

En attendant, que dire si ce n'est qu'en lisant certains écrits d'une personne, vous rentrez en quelque sorte dans son âme, vous avez la possibilité de la connaître comme personne d'autre, ou peut être mieux suivant l'interprétation des choses. Les mots reflètent la pensée, les idées et dans mon cas souvent les sentiments.
J'essaierai autant que possible d'écrire des textes régulièrement, mais il est des fois ou l'inspiration ressemble à un mistral de mots impalpables. . .

Pour le moment, je vous souhaite une agréable visite sur ce blog, et une bonne lecture.